Poème
À Monseigneur le cardinal de Richelieu (fragment)
Grand et grand prince de l’Église, Richelieu, jusques à la mort, Quelque chemin que l’homme élise, Il est à la mercy du sort. Nos jours filez de toutes soyes Ont des ennuis comme des joyes ; Et de ce meslange divers Se composent nos destinées, Comme on voit le cours des années Composé d’estez et d’hyvers. Tantost une molle bonace Nous laisse jouer sur les flots, Tantost un péril nous menace, Plus grand que l’art des matelots ; Et cette sagesse profonde, Qui donne aux fortunes du monde Leur fatale nécessité, N’a fait loy qui moins se révoque Que celle du flus réciproque De l’heur et de l’adversité. Note : fragment, donné inachevé par la source.
Œuvres poétiques de Malherbe, éd. Prosper Blanchemain, Flammarion, 1897 (texte de l’édition de 1630)
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