Poème
Amours, Amours, tu scés plus d’une voye...
Amours, Amours, tu scés plus d’une voye D’attrapper gens a ta mussée trappe ; Et qui fouÿr te cuide se forvoye, Car il n’est riens que doulx regart n’atrappe : C’est ton veneur, cuer n’est qui luy eschape. Plaisant maintien, courtoysie et lengaige, Sont tes levriers, compaignie est la sente Ou tu chaces plus souvent qu’en boscaige ; Je le sçay bien, il fault que je m’en sente. Certes, tes tours mie n’appercevoye, Ne comme tu scez soubz couverte chappe Surprendre cuers ; quant si bien me devoye De toy garder a mon dit ; mais la aggrappe Dont tu tires a toy si mon cuer happe Que il convient que je te face hommaige, Ou vueille ou non, et qu’a toy me consente ; Car ton pouoir seigneurist fol et saige : Je le sçay bien, il fault que je m’en sente. J’apperçoy bien que je me decevoye De te cuidier fouyr, car sy m’entrappe Doulx Souvenir que mucié ne savoye ; Et, quant je cuit ganchir, je me rettrappe Dedens tes las, et Plaisance me frappe De l’autre part ; tu te tiens ou passage Pour traire a moy ; Biauté y est presente. Rendre me fault, ou soit scens ou follage ; Je le sçay bien, il fault que je m’en sente. Ha ! dieux d’amours, puis qu’en ton doulx servage Prendre me veulx, faiz que ne m’en repente, Car eschapper ne puis ton seigneuraige ; Je le sçay bien, il fault que je m’en sente.
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