Poème d’un membre
Blankenberge le 30 novembre 2017
par CathyVoleMembre
Le ciel est d'étain Et la mer comme un cuivre vert patiné Le rejoint En dégradés Point d'horizon, point d'âme qui vive Sur la jetée Qui s'enfonce dans le lointain Indistinct Enfumé Et glacé De ce matin englouti dans la nuée Ici, l'hiver a déjà commencé Près de la digue, les cabines sont désertées Les yeux fermés sur leurs rayures Elles endurent Leurs gerçures Et les morsures humides du vent salé La plage aussi a ses blessures Comme si la nuit avait défait son lit Des tracteurs ivres qui semblent n'avoir pas dormi Sont venus tout retourner Et boire les restes de l'été fini Seuls survivants de la cité Ils poussent le sable à coup de pelle Et labourent, en un bruit sourd Ce que la mer a aplani Les yeux luisants La cabine dévissée Hoquetant vaguement entre les dunes De cet étrange paysage de lune Quand soudain Le ciel d'airain Réveillé par la bise et la grêle Entr'ouvre sa chape épaisse Incongru comme la vie en ce matin figé Le soleil perce Et caresse La plage grise et éventrée De cette union céleste Surgit alors, en un moment de grâce Un arc gigantesque Qui se déploie dans le ciel crasse Reliant la plage au ciel L'arc élancé s'étire, S'envole, s’étiole Et puis soupire Avant de ne laisser plus qu’un souvenir Qui disparaît comme un rêve à l’éveil En douces nuances aquarelles Décembre 2017
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