Poème
Contre les mignons de Henri III
Les peuples, pipez de leur mine, Les voyant ainsi renfermer, Jugeoient qu’ils parloient de s’armer Pour conquérir la Palestine, Et borner de Tyr à Calis L’empire de la fleur de lys ; Et toutesfois leur entreprise Estoit le parfum d’un collet, Le point coupé d’une chemise, Et la figure d’un ballet. De leur mollesse letargique, Le Discord, sortant des enfers, Des maux que nous avons soufferts Nous ourdit la toille tragique. La justice n’eut plus de poids, L’impunité chassa les loix, Et le taon des guerres civiles Piqua les âmes des mechans, Qui firent avoir à nos villes La face déserte des champs. Note : fragment, donné inachevé par la source.
Œuvres poétiques de Malherbe, éd. Prosper Blanchemain, Flammarion, 1897 (texte de l’édition de 1630)
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