Poème
Dieux ! que j’ay esté deceüe...
Dieux ! que j’ay esté deceüe De cellui, dont je bien cuidoie Qu’entièrement s’amour fust moye ! A tart me suis aperceüe. Or sçay je toute l’encloüre Et comment il se gouvernoit : Une autre amoit, j’en suis seüre, Et si beau semblant me monstroit Que j’ay ferme creance eüe, Qu’il ne desirast autre joye Fors moy ; mais temps est que je voie La traïson qu’il m’a teüe ; Dieux ! que j’ay esté deceüe ! Mais d’une chose l’asseüre, Puis que je voy qu’il me déçoit, Que jamais sa regardeüre, Ne le semblant qu’il me monstroit, Ne les bourdes dont m’a peüe, Ne feront tant que je le croie ; Car oncques mais, se Dieux me voie, Ne fu tel traïson veüe. Dieux ! que j’ay esté deceüe !
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