Poème
Épitaphe de Mademoiselle de Conti
Tu vois, passant, la sepulture D’un chef-d’œuvre si precieux Qu’avoir mille rois pour ayeux Fut le moins de son avanture. Ô quel affront à la nature Et quelle injustice des cieux, Qu’un moment ait fermé les yeux D’une si belle creature ! On doute pour quelle raison Les Destins, si hors de saison, De ce monde l’ont appellée : Mais leur pretexte le plus beau, C’est que la terre estoit bruslée, S’ils n’eussent tué ce flambeau.
Œuvres poétiques de Malherbe, éd. Prosper Blanchemain, Flammarion, 1897 (texte de l’édition de 1630)
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