Poème
La Fleur qui m’est douce
par Auguste BRIZEUX
L’accord des vers et des lyres Murmure dans son sommeil : Il a de nobles délires, Il rêve marbres, porphyres, Temples au fronton vermeil. S’il s’éveille, tout enchanté Sa pensée et son regard ; Et, lyre lui-même, il chante Et la nature vivante Et les symboles de l’art. Il dit le jeune Persée Debout, le glaive à la main, Et, prompt comme la pensée, Hermès, dieu du caducée. Au ciel prenant son chemin. Tous les dieux de l’Étrurie Dans leurs vêtements soyeux Passent ; et la théorie Déroule avec symétrie Ses anneaux mystérieux. Puis Cimabué, grave et calme, Erre autour de la cité : Armé de sa docte palme, Il reflète d’un front calme La primitive beauté. Fleur, d’où le savoir émane Comme un parfum épuré, Par un invisible arcane, De toi, beau lis de Toscane, Tout esprit s’est enivré : Pourtant la fleur qui m’est douce Croît sur les caps de la mer ; Sauvage comme la mousse, Sans l’art de l’homme elle pousse, Libre au bord du gouffre amer.
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