Poème d’un membre
La Médène
par marisolleMembre
A l'aide du fusain, je trace ses contours d'un geste léger, ses cheveux se déploient, s'enroulent, se déroulent dans une danse lente et suave. A-t-elle des jambes, des pied ? Ou ressemble-t-elle à cette malheureuse sirène qui perdit sa queue de trop d'amour ? Mon crayon va, virevolte, dessinant l'oeil, la bouche, les mains... Je la regarde d'un peu loin. Sensuelle, son regard appelle. et Freud, à mon oreille, qui murmure : -libido d'objet...libido d'objet... Je ne l'écoute pas, que nenni, je poursuis mon oeuvre. A présent, le pinceau cerne les contours, remplit le blanc de nuances claires pour les cheveux où le jaune le dispute à l'orangé et l'orangé au brun. J'accentue un peu le contour de la bouche et la remplit d'un rouge pas trop vif, l'intérieur d'un rouge plus sombre. L'oeil, ensuite, qui exprime tant de choses en si peu de mots non dits. et Freud, à mon oreille, qui murmure encore : -libido d'objet...libido d'objet... Ah, oui, à présent que tu le dis, tu aurais raison. Voyons un peu : Avec un gros pinceau, j'ajoute des traces bleues, vertes, violettes, qui recouvrent d'une couche transparente ce visage. Mais il continue à vivre, à sourire. J'accentue un peu les mains et j'en fais plus qu'un appel, un au revoir, ou un adieu... Mais est-ce vraiment un adieu ? Puis viennent d'autres teintes, et l'eau se met à vivre. Mais elle sourit toujours. Et j'ajoute du doré en traces toujours légères............ Peut-être que le soleil couchant, dans ses ors et ses rouges en fera une oeuvre d'art..............
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