Poème d’un membre
Le commerce du médecin
par CathyVoleMembre
Le plus souvent il délaisse sa blouse blanche Ou ne la porte que comme un accessoire L'important c'est d'affirmer son pouvoir Sans plus devoir se retrousser les manches Il vous serre la main comme votre banquier Et vous, penaud, exposez la détresse Qui vous taille le ventre ou vous oppresse Et parlez de vos maux un peu gêné L'homme vous regarde de derrière son pc On dirait même qu'il vous écoute Puis d'un ton déjà blasé il vous écourte Rappelant comme son planning est serré De toute façon, son diagnostic est fait Puisqu'un mot suffit à sa science infuse Pour vous coincer comme un juge vous accuse Dans la catégorie qui lui sied Si par pitié, trois minutes, il vous ausculte C'est pure convention. Il ne vous voit pas. A moitié nu vous le voyez déjà Signer l'ordonnance d'une main qui exulte Le bic a remplacé le stétoscope Les médicaments la réflexion Et vous, faible devant sa profession Acceptez tous les non sens qu'il colporte Vient alors le moment qu'il préfère Quand il remplit son attestation de soin Et vous extorque sans scrupule aucun Le montant fixé de ses honoraires Que vous soyez riche ou pauvre il s'en fout Il vous a soigné à l'aune de son art Qui mérite bien une saignée de la part Du patient même s'il ne tient pas debout Mais il n'est pas un gourou! Il pratique Au nom de la science, mieux que ses confrères Et mieux que vous qui devriez vous taire Parce que, après tout, c'est psychologique Votre maladie est dans votre tête! C'est pour ça qu'il ne gaspille pas son temps. D'ailleurs il se lève, et bien droit vous tend Une main ferme habillée d'un sourire mièvre Il a même l'audace de dire à bientôt Que vous prenez comme un diagnostic Puisqu' angoissé vous préférez ce type A la longue solitude de vos maux
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