Poème
Pour le marquis de La Vieuville, surintendant des finances
Il est vray, la Vieuville, et quiconque le nie Condamne impudemment le bon goust de mon Roy, Nous devons des autels à la sincère foy Dont ta dextérité nos affaires manie. Tes soins laborieux et ton libre génie, Qui hors de la raison ne cognoist point de loy, Ont mis fin aux malheurs qu’attiroit aprés soy De nos profusions l’effroyable manie. Tout ce qu’à tes vertus il reste à désirer, C’est que les beaux esprits les veuillent honorer, Et qu’en l’eternité la Muse les imprime. J’en ay bien le dessein dans mon ame formé, Mais je suis généreux, et tiens cette maxime Qu’il ne faut point aimer quand on n’est point aimé.
Œuvres poétiques de Malherbe, éd. Prosper Blanchemain, Flammarion, 1897 (texte de l’édition de 1630)
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