Poème
Prophétie du dieu de Seine
Va-t’en à la malheure, excrement de la terre, Monstre qui dans la paix fais les maux de la guerre, Et dont l’orgueil ne cognoist point de loix. En quelque haut dessein que ton esprit s’égare, Tes jours sont à leur fin, ta cheute se prépare : Regarde-moy pour la derniere fois. C’est assez que, cinq ans, ton audace effrontée, Sur des ailes de cire aux estoilles montée, Princes et rois ait osé defier. La Fortune t’appelle au rang de ses victimes ; Et le Ciel, accusé de supporter tes crimes, Est resolu de se justifier. Note : fragment, donné inachevé par la source.
Œuvres poétiques de Malherbe, éd. Prosper Blanchemain, Flammarion, 1897 (texte de l’édition de 1630)
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