Poème
Qu’avec une valeur à nulle autre seconde...
Qu’avec une valeur à nulle autre seconde, Et qui seule est fatale à nostre guérison, Votre courage, meur en sa verte saison, Nous ait acquis la paix sur la terre et sur l’onde ; Que l’hydre de la France, en revoltes feconde, Par vous soit du tout morte ou n’ait plus de poison, Certes, c’est un bon-heur dont la juste raison Promet à vostre front la couronne du monde. Mais qu’en de si beaux faits vous m’ayez pour témoin, Cognoissez-le, mon Roy, c’est le comble du soin Que de vous obliger ont eu les Destinées. Tous vous savent louer, mais non également ; Les ouvrages communs vivent quelques années. Ce que Malherbe écrit dure éternellement.
Œuvres poétiques de Malherbe, éd. Prosper Blanchemain, Flammarion, 1897 (texte de l’édition de 1630)
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