Poème
Sur la mort d’un gentilhomme qui fut assassiné
Belle ame, aux beaux travaux sans repos adonnée, Si, parmy tant de gloire et de contentement, Rien te fasche là-bas, c’est l’ennuy seulement Qu’un indigne trépas ait clos ta destinée. Tu penses que d’Yvry la fatale journée, Où ta belle vertu parut si clairement, Avecque plus d’honneur et plus heureusement Auroit de tes beaux jours la carrière bornée. Toutesfois, bel esprit, console ta douleur : Il faut par la raison adoucir le malheur, Et telle qu’elle vient prendre son avanture. Il ne se fit jamais un acte si cruel ; Mais c’est un témoignage à la race future Qu’on ne t’auroit sceu vaincre en un juste duel.
Œuvres poétiques de Malherbe, éd. Prosper Blanchemain, Flammarion, 1897 (texte de l’édition de 1630)
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