Poème
À ma mère
par Eugène MANUEL
Aux entraves du vers soumettant ma raison, J’ai dit l’attrait puissant des monts et des vallées; De mes émotions, libres ou refoulées, J’ai noté l’harmonie et recueilli le son ; Au banquet paternel j’attablai la chanson, Et tous ont eu leur part des strophes envolées, Depuis la sainte aïeule aux prunelles voilées, Jusqu’à la jeune épouse égayant ma maison! Ma mère... — Ce nom seul décourage la Muse! J’en souffre tous les jours, tous les jours je m’accuse, Et je prélude encore, et pour y renoncer ! Mon cœur est tout rempli d’amour : mais pour le dire, Je n’ai que mon regard, je n’ai que mon sourire, Je n’ai que mes deux bras, ma lèvre et mon baiser!
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