Poème
Aveu
par Eugène MANUEL
Oui, je rêve! — Mon Dieu, sois à jamais béni, Toi qui, loin de tes cieux, dont l’absence me pèse, Fis descendre sur moi, pauvre insecte banni, Un rayon d’idéal où je voltige à l’aise ! Alors tout s’illumine, ou s’épure, ou s’apaise ; Mon printemps souffle encore à mon front rajeuni; Et mon regard, cherchant un monde qui lui plaise, Contemple l’invisible, et sonde l’infini. Je rêve! — des effets remontant vers les causes, L’âme prend son essor sous mes paupières closes; La justice l’enivre ainsi que la beauté! Je rêve! — à l’impuissant qui me raille ou m’accuse, Je cache tous ces biens qu’un songe lui refuse; Et je laisse la terre à la réalité !
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