Poème
Almanach des Laboureurs (version française)
par Auguste BRIZEUX
I mois de janvier. Le vent du midi Amené force pluie. Arc-en-ciel vers la nuit, Pluie ou vent pour minuit. Gelée blanche au croissant, Signe de frais et de beau temps ; Gelée blanche au décours, De la pluie sous trois jours. Mieux vaut voir un chien enragé Qu’un soleil chaud en Janvier. II mois de février. Février souffle, souffle, Et tue le merle dans son nid. Habit chaud et bonne nourriture Rendent bon chaque mois d’hiver. A la Saint-Mathias (24 février), la pie Cherche une place pour son nid. III mois de mars. Au mois de Mars, vent fou ou pluie : Que chacun veille bien sur lui ! Mars avec ses coups est capable De tuer les bœufs dans l’étable. Le dimanche des Rameaux, compter les œufs ; Le dimanche de Pâques, les casser ; Le dimanche de la Quasimodo, briser les pots. IV mois d’avril. Année de rosée, Année de froment. Pâques ou Quasimodo Onc en Avril ne fait défaut. Pâques mouillé et carnaval crotté, Et le coffre sera comblé. Saint Georges, quand il est sur son siège {23 avril), Fait courir la vache. S’il pleut le jour de la Saint-Marc (25 avril), Les guignes couvriront le parc. V mois de mai. Au mois de Mai Le seigle déborde la haie. Pluie chaque l’our, C’est trop peu tous les deux jours, Quand le coucou chantera. Ma bonne vache alors vivra ; Quand chantera la tourterelle, J’aurai du lait plein mon écuelle ; Quand la grenouille chantera, Ma pauvre vache alors mourra. Les feuilles s’ouvrent sur le chêne Avant de s’ouvrir sur le hêtre. VI mois de juin. Un pré est bien mauvais Si en Juin il ne donne rien. Lave ton corps à la fin du jour, Tiens-toi en joie et ne mange pas trop. VII mois de juillet. à la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, Mieux vaut une chèvre qu’une vache à lait. S’il pleut à la Madeleine (22 juillet), On voit pourrir noix et châtaigne. Au mois de Juillet On met la faucille aux sillons. A la pleine lune de Juillet, En tout pays la moisson. A la pleine lune de Juillet, avec son disque blanc. Si la moisson n’est pas mûre, il y aura disette. A Sainte-Anne (26 juillet) celui qui prie, Sainte-Anne jamais ne l’oublie. VIII mois d’août. S’il pleut à la fête d’Août, Les noisettes sont perdues. Qui va prier à Sainte-Hélène (25 août) Ne perd pas sa peine. IX mois de septembre. Au mois de Septembre, C’est dans l’après-midi qu’on bat. A la Saint-Mathieu, Tous les fruits sont mûrs. Au paradis et sur terre Saint Cado n’a point son pareil. A la Saint-Michel, au point du jour, La constellation des Trois-Rois parait au midi. A la foire du Troc (29 septembre), Un poulain pour un sou. X mois d’octobre.. En Octobre fumez bien, Et vous récolterez de même. Héré, Noir, Très Noir, Ainsi nomme-t-on les mois d’Automne. Écoutez combien de beaux noms L’Automne a reçu des Bretons : Abatteur-de-Moisson, Temps après la Moisson, Plein-Coffre, Mois-Noirs, Suivant de la Moisson, Saison-de-Chute, et Fin-de-l’Été, Balayeur-de-Feuilles, ou Été-Hiver. XI mois de novembre. Octobre a fini son chemin, Demain fête de la Toussaint. En Automne dur est le grain, Les feuilles sont tombées, tous les étangs sont pleins. Il est bon d’ensemencer la terre Au décours de la lune. Le seigle de la Saint-André (30 novembre) Ne sort qu’à Noël arrivé. Êtes-vous encore à filer, Quand c’est demain la Saint-André ? (Il ne faut pas veiller trop tard.) XII mois de décembre. L’Automne jusqu’à Noël : Depuis là, le dur Hiver Jusqu’à ce que fleurisse le saule. Neige avant Noël, Fumier pour les seigles. Une mouche à Noël Vaut une bécasse. S’il y a lune blanche à Noël, Il y a bon lin dans chaque guéret. En Décembre, journée courte, longue nuit ; L’abeille se tait ; le jonc pousse sur la colline.
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