Poème
De la Fortune (version française)
par Auguste BRIZEUX
Mieux vaut instruire son petit enfant Que de lui amasser du bien. Mieux vaut un bon renom Que du bien plein la maison. Dieu ne regarde pas à la condition. II Pauvreté n’est pas un péché, Mieux vaut cependant la cacher. Celui qui a se lèche les lèvres, Celui qui n’a pas regardé de travers. Mieux vaut fumée que gelée, Mieux vaut argent que cheveux. Mieux vaut riche paysan Que gentilhomme sans argent. Une clef d’argent sait ouvrir Mieux qu’une clef de fer toutes les portes ; Mieux qu’une clef d’argent, ouvre une clef d’or. Toujours l’on trouve la moisson du voisin Meilleure que la sienne. Qui tient le sac est aussi grand voleur Que celui qui l’emplit. Rarement homme s’enrichit Sans tromper son prochain. Pauvre qui s’enrichit Devient pire que le diable. Quand vous seriez de la race du chien, Si vous êtes riche, entrez dans ma maison ; Quand vous seriez de la race du roi, Si vous êtes pauvre, allez à la grâce de Dieu. IV Les biens viennent, les biens s’en vont Comme la fumée, comme toute chose. Le bien qu’amasse le râteau Avec le vent s’en va bientôt. Celui qui épargna trouva Le lendemain quand il se leva. L’argent qui vient du diable Vite s’en va pour le ferrer. Il est plus facile au fils de demander au père Qu’au père de demander au fils. Quand le pauvre viendra à votre porte, Si vous ne donnez pas, parlez-lui poliment. prière en battant le beurre. Saint Ives, saint Jean, Mettez du beurre dans ma baratte ; Et laissez-y un peu de lait Afin d’en donner au cher pauvre.
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