Poème
Chanson de mort
par Eugène MANUEL
Pendant la guerre — Après la guerre
Janvier 1811. Mon père, où donc vas-tu ? — Je vais Demander une arme et me battre ! —Non, père! Autrefois, tu servais : A notre tour les temps mauvais! Nous sommes trois. — Nous serons quatre! — Le jeune est mort : voici sa croix. Retourne au logis, pauvre père! La nuit vient, les matins sont froids. Nous le vengerons, je l’espère ! Nous sommes deux. — Nous serons trois! — Père, le sort nous est funeste, Et ces combats sont hasardeux : Un autre est mort. Mais, je l’atteste, Tous serons vengés : car je reste! Il suffît d’un. — Nous serons deux! Mes trois fils sont là, sous la terre, Sans avoir eu même un linceul. A toi ce sacrifice austère, Patrie! Et moi, vieux volontaire, Pour les venger, je serai seul!
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