Poème d’un membre
Inédits
par francois_xavierMembre
Tu t’es mise à nu en poésie la violence De ton rire lacéré d’orties libère Ton ventre lampe verte et bleue et rouge D’une braise à jamais réellement morte Le merle l’ayant étouffé l’espace de deux décennies. Il y eut enfin les mots pour dire haut le chant De l’abeille qui rêvait à la cigale dans le souffle D’herbes hautes pliant à terre leurs genoux lumineux. Par cet ovale délié lié à la commissure Lèvres glacées cils pleureurs aussi Tant de grâce qu’une larme une seule A suffit à nettoyer le masque blanc du clown triste. De ton cil flamboyant de noir cristal perle Une goutte saline et se décline en mille prosodies Le chanvre pourrit dans la remise de nos mémoires Brûle l’encens dans l’éclat de nos rires de gloire. Or nu ton corps blanchi a le reflet de lune Tes bras ouverts se referment sur le velours De l’homme avant que ne médisent les catins Dans la pénombre du maquis où crépite le feu. L’ombre de notre corps à deux êtres danse Sur le mur insecte maladroit en recherche d’oxygène Et le brasier redessine le décor dans l’imposture De la morale pour y planter l’arbre du renouveau. L’arbre oublié parmi les écritures Car inversé dans l’ordre des règles du monde Le voici à toi dans l’attente de sa blessure Régnant sur mille têtes vides et seules Dans l’oliveraie de ses contemporains Et toi encore verte mais déjà fille Tu pries pour l’arbre de l’arbre en ton olive A peine éclose et rêves de cueillette interdite. Décembre 2005
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