Poème d’un membre
Là-bas trois fois (extrait)
par francois_xavierMembre
… accident lichen spongieux sur des strates calcaires encore dans la ligne de mire –- cette autre manière de faillir tout en conservant la tête haute. pourquoi continuer ? alors qu’ailleurs les vagues se brisent sans bruit si je pouvais… j’irais là-bas au loin des Hommes… si je… pouvais partir, finir un peu loin si loin de vous je respirerais enfin. oubliant d’oublier comment fonctionne le monde … possibilité d’une île –- si blanche … sans réseaux sociaux ni forfanterie gratuite, alors … scalpel en plaies sur l’horizon tranches fruitées sous les cumulonimbus dans le coton de mes poumons exposés aux radiations… … explosion bouquets de coquelicots sous le sang perlé la plaie jamais ne s’arrêtera de pleurer alors je reste coi… sans elle pour m’épancher, tête esseulée suspendue … vide glacial si loin son ventre mon oreiller froideur qui descend le long du cou j’aurais dû rester sur les chemins escarpés le vertige m’a saisi … les tripes à l’air dans le verger je ne savais plus comment marcher vide sidéral dans le hurlement d’un monde qui s’éteint. … chenilles en colonies sur le sable des Cananéens : je ne crois pas à cette étoile en drapeau, mon âme en berne flirte avec la folie dans le dérivatif interdit des pulsions … partir mais partir où ? extase dans le sous-bois de ses ombres, jupe troussée, feuilles de palmier au rayonnement de son ébène à la douceur de soie réveil en sursaut… là-bas, seul, sans arme et sans voix tout seul et pourtant… [...] … respirer … se promener dans les vallonnements de ses manches et n’être qu’une carte à jouer sur un coup de dés. j’y suis mais pour combien de temps encore ? dans cet interstice mitraillé de soleil à ne plus savoir compter les heures qui échoient sur ma plage ; somnambules en guenilles sorties des mers polluées venues hanter ma villégiature sanctuarisée. … ici, aussi … mordre la main qui viendra m’ôter tout plaisir : que faire du mouvement circulaire des communions de partage sous les auspices d’un météore qui n’est autre qu’Armageddon déguisé en meilleure amie. … vibrer pour le simple fait de briller dans le champ septentrional des fuseaux montre gousset tongs et chevalet –- que dire d’une retraite anticipée ? … moi ici et vous ? ailleurs, certainement elle surtout, ombre de mes nuits vipère sous mes ongles quand je frotte la peau pour qu’elle libère le suc de mes nuits solitaires. … sortir au pied des montagnes noires dans l’odeur du goudron et célébrer l’impossible dans un bain d’huile fruitée c’est aussi répondre aux promesses d’ailleurs –- sans qui rien n’est possible puisqu’il semble que croire est tout. … croyez-moi ici, c’est maintenant ici est l’ailleurs – là-bas, trois fois.
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