Poème
Le Journal d’Amélie
par Auguste BRIZEUX
I Si chacun était bon et chacun convenable ! » Par un jour triste ainsi tu disais, chère sœur ; Au mieux par toi rêvé toi-même comparable, Fille au calme maintien, à l’œil doux et penseur. II Mais lorsqu’un frère est là, plus d’une âme qui t’aime. Dans tes longues froideurs pourquoi te renfermer ? Chrysalide invisible, enfin sors de toi-même. L’antique loi l’a dit : on t’aime, il faut aimer. III Oh ! l’amour est venu, qui s’enveloppe encore, Mais devant le devoir un amour triomphant ! Quand tous vont au plaisir de la nuit à l’aurore, Voyez la mère seule allaiter son enfant. IV Chère Amélie, ainsi de distance en distance Ma mémoire a noté ces trois points de ton cœur ; Ton journal reste ouvert, et j’y lis à l’avance Plus d’un trait de prudence et d’aimable douceur.
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