Poème
Le Talisman
par Auguste BRIZEUX
Du fleuve, en approchant, m’arrivaient les murmures, La senteur s’exhalait des taillis frais et verts., Un couple de ramiers chantait sous les ramures : Bonheurs de mon printemps, après bien des hivers, Je vais vous ressaisir ! Pensers des saisons mûres, Fuyez ! Aux purs instincts, mes sens, soyez ouverts ! — Et j’arrive, et, penché sur le cristal de l’onde, J’y lave dans ses flots puisés avec ma main Mon visage hâlé par le feu du chemin : Heureux, je vois encor ma chevelure blonde ; Mais, puisqu’il faut quitter cette eau claire et profonde, Hélas ! pour se mêler au sombre fleuve humain, J’emporte un caillou blanc tout veiné de carmin : Pensers du sol natal, guidez-moi par le monde !
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