Poème
Ne doubtez point du contraire...
Ne doubtez point du contraire, Car dit vous en ay le voir, Belle, commant sans relraire Vous aim et sans decevoir Vueillez ley appercevoir, Et m’amez, ostez marture, Car, sans reconfort avoir, Je mourray se m’estes dure. Voz beaux yeux viennent attraire Sy mon cuer que desmouvoir Ne l’en puis ; d’autre part traire Luy vient Amours qui ravoir Le veult, et force et sçavoir M’ostent, n’il n’y a mesure, Dont par tel mal recepvoir Je mourray se m’estes dure. S’il vous plaise vers moy traire Pitié qui face esmouvoir Vo cuer, par quoy vous puist plaire M’amer, car si mon devoir Feray, sans m’en desmouvoir De vous servir, je vous jure, Mais bien vous faiz assavoir : Je mourray se m’estes dure. Ma dame, corps, ame, avoir Est tout vostre, ayez en cure ; Puis que ne Ten puis ravoir, Je mourray se m’estes dure.
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