Poème
Tu soies le trés bien venu...
Tu soies le trés bien venu, M’amour, or m’embrace et me baise Et comment t’es tu maintenu Puis ton départ ? Sain et bien aise As tu esté tousjours ? Ça vien, Coste moy, te sié et me conte Comment t’a esté, mal ou bien, Car de ce vueil savoir le compte. — Ma dame, a qui je suis tenu Plus que aultre, a nul n’en desplaise, Saches que désir m’a tenu Si court qu’onques n’oz tel mesaise, Ne plaisir ne prenoie en rien Loings de vous. Amours, qui cuers dompte, Me disoit : « Loyauté me tien, Car de ce vueil savoir le compte ». — Dont m’as tu ton serment tenu, Bon gré t’en sçay, par saint Nicaise ; Et puis que sain es revenu Joye arons assez ; or t’apaise Et me dis se scez de combien Le mal qu’en as eu a plus monte Que cil qu’ a souffert le cuer mien, Car de ce vueil savoir le compte. — Plus mal que vous, si com retien, Ay eu, mais dites sanz mesconte Quans baisiers en aray je bien ? Car de ce vueil savoir le compte.
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