Les « Tablettes de la Vie et de la Mort » en ligne, dans 'Actualités et anecdotes du monde du poème'

Accueil > Les articles > Les « Tablettes de la Vie et de la Mort » en ligne

Les « Tablettes de la Vie et de la Mort » en ligne

23/08/2010

UnJourUnPoeme.fr est heureux de pouvoir mettre à votre disposition l’intégralité des « Tablettes ou Quatrains de la Vie et de la Mort » de Pierre Matthieu. Cette œuvre, constituée de 200 quatrains, était jusqu’alors absente de la toile dans un format textuel. Beaucoup de temps et de déchiffrage aura été nécessaire pour mener à bien cette tâche.

Pourquoi cet article ?

Il est possible de trouver sur internet des quatrains « dits » de Pierre Matthieu, mais une recherche approfondie des différents sites tendent à prouver que la copie de la copie a permis de colporter des erreurs, que ce soit dans l’écriture exacte des quatrains, mais également  à propos de l’origine même des ces derniers.

Afin de se rapprocher au mieux du texte originel, une vieille édition a été prise pour modèle : « Les Quatrains de sieurs Pybrac, Favre, et les Tablettes de la Vie et de la Mort de Matthieu », de 1709. Cette édition de Jacques Desbordes est la troisième du livre après corrections.

Voici quelques exemples d’erreurs courantes visibles un peu partout sur internet. Il est possible de trouver ce quatrain qui semble être étudié dans les écoles :

Cette vie aux échecs proprement se rapporte,
Autant de place y tient le Pion que le Roi :
L’un scrute, l’autre court, l’un surprend, l‘autre emporte.
Les noms sont distingués, et tout n’est que du bois.

Et voici la version du livre, où il est clairement écrit « saute », et « emporte » est suivi d’une virgule :

Quatrain Pierre Mathhieu

L’erreur n’est pas méchante (il y a bien pire), mais elle est largement diffusée.

Plus grave, il est très fréquent de retrouver des quatrains associés à Pierre Matthieu et à ses tablettes, alors que ceux-ci ne sont pas de lui. Voici un exemple :

Nous naissons pour mourir et mourons pour revivre,
Pour revivre immortels cette foi nous avons :
La mort plus que la vie aimer donc nous devons,
Puisque la même mort de la mort nous délivre.

Ces quatrains sont de issus de la version courte des « Quatrains de la vanité du monde » de Claude Guichard (qui mériterait sa page Wikipédia, actuellement absente). Cet exemple n’est qu’un parmi tant d’autres également.

Découpage opéré des quatrains et choix d’écriture

Comment présenter correctement est de manière lisible les 200 quatrains de Pierre Matthieu ? Le choix retenu consiste à les présenter par groupement de 10, avec le découpage précisé dans le titre. Ainsi, sur la fiche de Pierre Matthieu, il est possible d’accéder rapidement à un quatrain ciblé. En admettant qu’aucun découpage n’est idéal, ce dernier permet néanmoins de limiter le nombre de clics (si ces derniers étaient présentés unitairement), ou de défilements (s’ils étaient tous sur la même page).

Quatrains de la Vie et de la MortL’ouvrage servant de référence étant écrit en français ancien mais très largement compréhensible, seules certaines corrections ont été apportées, principalement orthographiques. Ainsi, « le tems » devient « le temps » par exemple. En revanche, les conjugaisons n’ont pas été modernisées (« Ils seroient » signifiant « Ils seraient »).

Si à la lecture des quatrains, certains mots vous intriguent, n’hésiter pas à faire une recherche : ce sont souvent de vieux mots français. Ainsi :

  • « Le vieillard la voyant dedans ses draps s’avalle » : « s’avaller » signifie « couler », « se glisser » ;
  • « Le Temps est le Nocher » : un « nocher » est un pilote d’un bateau, celui qui conduit une embarcation ;
  • etc.

Si néanmoins vous supposez une erreur, n’hésitez pas à nous en faire part via la page de contact.

Un quatrain, pour le plaisir

Les quatrains de Matthieu, écrits en 1610 dans un style baroque, se veulent être moralisateurs. Ils abordent l’épreuve de la mort, si redoutée par les Hommes. Un brin manichéen, on y retrouve beaucoup de dictons d’aujourd’hui (seuls les bons meurent jeunes).

La tourmente en la mer couve sous la bonasse,
Dans le bonheur la vie enferme le malheur :
On la commence en pleurs, en sueurs on la passe.
Et jamais on ne peut l’achever sans douleur.

- Quatrains IX, première partie -

Les vers tentent d’expliquer qu’il ne faut pas redouter la mort, qu’elle nous touchera tous quoi qu’il arrive. Voguant sur la religion et la pénitence, Pierre Matthieu affirme que le Bon aura le droit au repos Éternel. En 2010, chacun s’en fera sa propre idée…

Pour lire les quatrains des « Tablettes de la Vie et de la Mort » de Pierre Matthieu, rendez-vous sur sa fiche. Bonne lecture !

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto