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Jeu du poème anonyme

Le poème dont l'auteur est à identifier ...

Le soir, à la campagne, on sort, on se promène,
Le pauvre dans son champ, le riche en son domaine;
Moi, je vais devant moi; le poëte en tout lieu
Se sent chez lui, sentant qu’il est partout chez Dieu.
Je vais volontiers seul. Je médite ou j’écoute.
Pourtant, si quelqu’un veut m’accompagner en route,
J’accepte. Chacun a quelque chose en l’esprit;
Et tout homme est un livre où Dieu lui-même écrit.
Chaque fois qu’en mes mains un de ces livres tombe,
Volume où vit une âme et que scelle la tombe,
J’y lis.

Chaque soir donc, je m’en vais, j’ai congé,
Je sors. J’entre en passant chez des amis que j’ai.
On prend le frais, au fond du jardin, en famille.
Le serein mouille un peu les bancs sous la charmille;
N’importe: je m’assieds, et je ne sais pourquoi
Tous les petits enfants viennent autour de moi.
Dès que je suis assis, les voilà tous qui viennent.
C’est qu’ils savent que j’ai leurs goûts; ils se souviennent
Que j’aime comme eux l’air, les fleurs, les papillons
Et les bêtes qu’on voit courir dans les sillons.
Ils savent que je suis un homme qui les aime,
Un être auprès duquel on peut jouer, et même
Crier, faire du bruit, parler à haute voix;
Que je riais comme eux et plus qu’eux autrefois,
Et qu’aujourd’hui, sitôt qu’à leurs ébats j’assiste,
Je leur souris encor, bien que je sois plus triste;

Ils disent, doux amis, que je ne sais jamais
Me fâcher; qu’on s’amuse avec moi; que je fais
Des choses en carton, des dessins à la plume;
Que je raconte, à l’heure où la lampe s’allume,
Oh! des contes charmants qui vous font peur la nuit;
Et qu’enfin je suis doux, pas fier et fort instruit.
Aussi, dès qu’on m’a vu: -Le voilà!- tous accourent.
Ils quittent jeux, cerceaux et balles; ils m’entourent
Avec leurs beaux grands yeux d’enfants, sans peur, sans fiel,
Qui semblent toujours bleus, tant on y voit le ciel!

Les petits — quand on est petit, on est très-brave –
Grimpent sur mes genoux; les grands ont un air grave;
Ils m’apportent des nids de merles qu’ils ont pris,
Des albums, des crayons qui viennent de Paris;
On me consulte, on a cent choses à me dire,
On parle, on cause, on rit surtout; — j’aime le rire,
Non le rire ironique aux sarcasmes moqueurs,
Mais le doux rire honnête ouvrant bouches et coeurs,
Qui montre en même temps des âmes et des perles.

J’admire les crayons, l’album, les nids de merles;
Et quelquefois on dit quand j’ai bien admiré:
-Il est du même avis que monsieur le curé.-
Puis, lorsqu’ils ont jasé tous ensemble à leur aise,
Ils font soudain, les grands s’appuyant sur ma chaise,
Et les petits toujours groupés sur mes genoux,
Un silence, et cela veut dire: -Parle-nous.-

Je leur parle de tout. Mes discours en eux sèment
Ou l’idée ou le fait. Comme ils m’aiment, ils aiment
Tout ce que je leur dis. Je leur montre du doigt
Le ciel, Dieu qui s’y cache, et l’astre qu’on y voit.
Tout, jusqu’à leur regard, m’écoute. Je dis comme
Il faut penser, rêver, chercher. Dieu bénit l’homme,
Non pour avoir trouvé, mais pour avoir cherché.
Je dis: Donnez l’aumône au pauvre humble et penché;

Recevez doucement la leçon ou le blâme.
Donner et recevoir, c’est faire vivre l’âme!
Je leur conte la vie, et que, dans nos douleurs,
Il faut que la bonté soit au fond de nos pleurs,
Et que, dans nos bonheurs, et que, dans nos délires,
Il faut que la bonté soit au fond de nos rires;
Qu’être bon, c’est bien vivre, et que l’adversité
Peut tout chasser d’une âme, excepté la bonté;
Et qu’ainsi les méchants, dans leur haine profonde,
Ont tort d’accuser Dieu. Grand Dieu! nul homme au monde
N’a droit, en choisissant sa route, en y marchant,
De dire que c’est toi qui l’as rendu méchant;
Car le méchant, Seigneur, ne t’est pas nécessaire!

Je leur raconte aussi l’histoire; la misère
Du peuple juif, maudit qu’il faut enfin bénir;
La Grèce, rayonnant jusque dans l’avenir;
Rome; l’antique Égypte et ses plaines sans ombre,
Et tout ce qu’on y voit de sinistre et de sombre.
Lieux effrayants! tout meurt; le bruit humain finit.
Tous ces démons taillés dans des blocs de granit,
Olympe monstrueux des époques obscures,
Les Sphinx, les Anubis, les Ammons, les Mercures,
Sont assis au désert depuis quatre mille ans;
Autour d’eux le vent souffle, et les sables brûlants
Montent comme une mer d’où sort leur tête énorme;
La pierre mutilée a gardé quelque forme
De statue ou de spectre, et rappelle d’abord
Les plis que fait un drap sur la face d’un mort;
On y distingue encor le front, le nez, la bouche,
Les yeux, je ne sais quoi d’horrible et de farouche
Qui regarde et qui vit, masque vague et hideux.
Le voyageur de nuit, qui passe à côté d’eux,
S’épouvante, et croit voir, aux lueurs des étoiles,
Des géants enchaînés et muets sous des voiles.

La Terrasse, août 1840.

Parmi ces 4 propositions, quel grand poète est l'auteur de ces vers ?
 
 
 
 

Commentaires

  1. combien y'a t-il de pages de la poésie le pauvre pion.

  2. Bonjour Léa. Je suppose que vous parlez du Pauvre Pion de Francis Jammes. Il est sûrement repris sur de très nombreux sites, en effet.

  3. je vous invite à la soirée "les poètes des Printemps" le 8 avril au Kibélé, 12 rue de l'Echiquier(10e Paris): c'est à 19h30; soirée interactive: rens. anne.quercy@gmail.com

  4. Bonsoir Alexandre, hier soir je vous ai envoyé 3 poèmes par courrier gmail, j'espère que vous le avez recu, je vien d'entrer enfin sur cette page. bravo elle est très bien faite. Merci beaucoup poour les paroles de la romance de maître Patelain. Cordialement. Maria Dolores
    dolores.martincid82@gmail.com

  5. Plus je navigue sur votre page UnJourUnPoème, plus je la trouve interessante et plus je l'aime et le plus curieux c' est qu' à force de lire tous ces poèmes, il me prend une envie folle d' en écrire beaucoup d' autres. Au fait sur ma page de poésie je viens d' écrire Qu' est-ce l' amitié, poème que je vous ai envoyé par courrier @gmail.com.
    Cordialement Maria Dolores.

  6. web4all.fr ça déconne quand même pas mal ! online.fr a l'air mieux

  7. Web4All est une association. J'aime beaucoup leur philosophie, et même s'il y a régulièrement des problèmes, je préfère continuer avec eux.

  8. ah d'accord je comprends !

  9. j'aime beaucoup ce poème jais vraiment aimer je m'appelle fatou jais 10ans
    je suis en cm1 jais vraiment aimer se poème merci de m'avoir écouter

  10. j'aime beaucoup ce poème jais vraiment aimer je m'appelle sarah jais 9ans
    je suis en cm1 jais vraiment aimer se poème merci de m'avoir écouter

  11. chaque jour je commence ma journée par lire votre poème du jour.J'aime....

  12. c est vrai que ses bien je m appelle janna j ai 8 ans bientot 9ans c est vrai quand on lis sa nous fait progresser

  13. Bonjour, j'aime bocou votre page je men sert pour reviser mes poeme que je doit aprendre pour les cours...

  14. 999 "And certainly it was not much personal towards their staff," Love claimed. Dove is simply not into trend.
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  15. svp aidez moi a rempli ma page. je me presente, ecris des poemes. mais rien ne se fait. je vous en supplie aidez moi. merci a ceux qui reagisseront.

  16. j'ai adoré ce poeme de hugo;c'était hyper génial

  17. mama mia

  18. Fatal error

  19. salut ! je suis très content , mais à qui peux envoiyer mes pœmes

  20. Je tiens compte à tout cela,j'aimerai vous solicité à me soutenir en contrubuant à mon oeuvre pour acceder dans ce domaine poétique Julchrist-Maliono +242-064792941/055109134

  21. QUE PENSEZ VOUS DE CE POEME ?

    Le Poème
    Le Poème est une emblème
    Belle comme un bohème.
    Quand j'ai des problèmes
    le poème m’emmène au loin,
    Sur l'île là ou il m'aime.
    Et ô que j'aime les Poèmes.
    Non par leurs rîmes mais par leurs crimes !
    Et leurs c'est d'être magnifiques !

  22. J'ai aimé ce poéme

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