Poème
Cœur d’ivoire
par Eugène MANUEL
Il glisse, doux, grave, attristé, Parmi les hommes et les femmes, Montrant, comme les fines lames, Un fourreau sombre et sans beautéf Sous tant d’impassibilité Sait-on ce que cache de flammes Cette froideur des fières âmes, Dont le dédain tourne en bonté ? Il a connu le long martyre, Il a tant aimé sans le dire, Et tant de lèvres l’ont blessé, Qu’il a, comme un Dieu sur sa moire, Le poli rigide et glacé, Le froid toucher des Christs d’ivoire.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.