Poème
Édilité
par Eugène MANUEL
Ils poussent à regret, tes bourgeons printaniers, Jardin de Médicis, éventré par des rues! Nous ne reverrons plus tes grâces disparues, Ni les jeunes amours sous tes vieux marronniers ! De ceux qui t’ont connu nous sommes les derniers ; Et les hautes maisons, avec leurs teintes crues, Remplaceront, aux yeux des nouvelles recrues, Les grappes de lilas et de faux ébéniers ! Je t’aimais ! Que de fois, adossé d’arbre en arbre, J’ai raconté mon rêve à tes reines de marbre! Que ta longue avenue était courte aux amants ! Tes quinconces n’ont plus que des ombres banales ; Et Barthole, pâli par les embrassements, N’y vient plus aspirer les senteurs matinales!
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