Poème
Exigence
par Eugène MANUEL
Qu’importe ce front pur en sa froide pâleur, Si nul chaste baiser n’y laissa son empreinte ! Et ces yeux, où je lis tant de volupté peinte, Qu’importe, s’ils n’ont pas pleuré sur le malheur ! Et ces doigts, si la main du pauvre,, arec ferveur, N’a pas, dans une offrande, adoré leur étreinte! Et cette bouche enfin, si la vérité sainte N’a jamais fait parler tes lèvres ni ton cœur! O femme ! femme belle autant qu’impérieuse ! Pour me faire adorer ta loi capricieuse, Tes yeux versent la flamme, et ta lèvre le miel : Mais, moi, je cherche une âme, une âme qui se livre ! Sous la beauté qui meurt, la beauté qui doit vivre! Une âme pour la terre, — et déjà pour le ciel!
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