Poème
Grandeur morale
par Eugène MANUEL
À mon ami Gaston Boissier Poussières de soleil, éternelle semence D’où germent dans l’azur les mondes inconnus : Astres étincelants, lancés et retenus Dans l’orbe où votre cours s’achève et recommence ; Océans lumineux, faits pour mettre en démence Ces atomes d’un jour, créés faibles et nus; » Etoiles dont les feux ne nous sont parvenus Qu’après des milliers d’ans, du fond du ciel immense On croirait que l’esprit, devant votre splendeur, Épuise ce qu’il peut concevoir de grandeur ! Mais il est un spectacle, à mes yeux, plus auguste Que ce fourmillement de mondes découverts : C’est, dans le dernier coin perdu de l’univers, Debout sur quelque globe infime, un homme juste.
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