Poème
L’aube du mort
par Eugène MANUEL
Le réveil est affreux, quand l’aube matinale Perce la vitre humide et terne qui pâlit; Quand la ville retourne à sa tâche banale, Et qu’un jour inquiet se glisse jusqu’au lit. vers les rideaux tirés, qu’un mystère remplit, La vue avec effroi s’attache machinale ; En vain l’oreille attend quelque plainte finale : L’âme a fui : le travail inconnu s’accomplit. On voudrait croire encor qu’un rêve se prolonge; Que de ces plis obscurs, où l’œil stupide plonge, Une main va se tendre, une voix va parler! Non, ce n’est pas des nuits la lourde somnolence C’est le vide, dont rien ne peut plus consoler; C’est le froid du matin, c’est l’éternel silence!
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