Poème
La curieuse
par Eugène MANUEL
Tu veux savoir si ce livre, Fils des loisirs nonchalants, Doit rajeunir et revivre Dans mille ans ? Folle ! un Pétrarque, un Virgile A ces réveils éclatants : Je dormirai bien tranquille Dans cent ans. Combien le siècle en dévore, De ces rimeurs haletants ! Lira-t-on mes vers encore Dans vingt ans? Ton regard me questionne, Et tu crains les médisants : Va, ne les crains plus, mignonne, Dans dix ans ! L’oubli vient, l’heure est prochaine Les vers s’en vont cheminant Aux parapets de la Seine Dans un an !
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