Poème
La montagne
par Eugène MANUEL
J’ai gravi lentement les pentes de la vie, Trouvant la route longue et marchant pas à pas. Mon âme, sans aller ni très haut ni très bas, Vécut à ses devoirs mollement asservie. J’ai négligé des biens qui ne me trompaient pas, Et recherché des maux qui flattaient mon envie; Epris de la beauté, que l’amour purifie, J’ai connu les regrets, les larmes, les combats! Je suis sur le sommet : je n’ai plus qu’à descendre. J’aperçois sous mes yeux le versant qu’il faut prendre, Stérile et dévasté comme l’âpre saison ! Les brumes de la nuit enveloppent la route, Et je n’ai, pour guider mon pied qui cherche et doute, Qu’une blanche lueur au bout de l’horizon !
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