Poème
Le berceau
par Eugène MANUEL
Quel temple pour son fils elle a rêvé neuf mois ! Comme elle fêtera l’enfant dont Dieu dispose! Il lui faut un berceau tel que les fils de rois N’en ont point de pareils, si beaux qu’on les suppose! Fi de l’osier flexible, ou bien du simple bois! L’artiste a dessiné la forme qu’elle impose : Elle y veut incruster la nacre au bois de rose; Il serait d’or massif, s’il était à son choix! Rien ne semble trop cher, dentelle ni guipure, Pour encadrer de blanc cette tête si pure, Dans le lit qu’on apprête à son calme sommeil. Il est venu, le fils dont elle était si fière ; Il est fait, le berceau, — le berceau sans réveil! Il est de chêne, hélas ! et ce n’est qu’une bière.
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