Poème
Le tiroir
par Eugène MANUEL
J’ai fait des vers toute ma vie, Sans en rien dire aux étrangers Ils passent pour esprits légers, Ceux qui contentent cette envie. Des heures que je sacrifie Les sages sont plus ménagers : L’idéal a trop de dangers Dans la route qu’ils ont suivie ! Ah! si j’ouvrais mon grand tiroir, Comme on rirait de n’y rien voir Qu’un portefeuille assez modeste, Dont le devoir et l’amitié Ont pris à peine la moitié : L’amour a griffonné le reste!
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