Poème
Les jeunes
par Eugène MANUEL
C’est à vingt ans que les meilleurs s’en vont! Dieu leur épargne une plus longue épreuve; Le deuil est grand : mais, bien qu’il nous émeuve, N’oublions pas qu’un mystère est au fond ! Ils ont un signe invisible à leur front. Quoi ! les livrer aux remous de ce fleuve Qui peut briser leur barque toute neuve? Qu’adviendrait-il des beaux rêves qu’ils font ? Mieux vaut laisser à d’autres cette lutte Où chaque pas est marqué d’une chute, Où le vaincu voit saigner le vainqueur. Heureux qui part pour la vie inconnue, Les bras croisés sur la poitrine nue, Fier et charmant, sans une tache au cœur !
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