Poème
Noces d’argent
par Eugène MANUEL
À J Le ciel, comme aujourd’hui, flamboyait : la Nature, Comme mon cœur, n’était qu’azur, lumière et feu ! Interrogeant tout bas la destinée obscure, Nous marchions à l’autel sous le regard de Dieu. L’air est aussi brûlant, le ciel est aussi bleu; Et, bien qu’un quart de siècle ait fait ma tête mûre, Pour ces noces d’argent qu’on fête sans parjure, Mon cœur est aussi chaud qu’à son premier aveu! Et malgré les labeurs, les luttes renaissantes, Malgré les deuils anciens et les larmes récentes, Et même le berceau vide de nourrissons, Si Dieu me demandait : « Regrettes-tu ta vie ?... As-tu quelque souci dans l’âme, ou quelque envie?... » Je dirais à l’instant : « Dieu bon! recommençons! » 6 juin 1883.
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