Poème
Regret
par Eugène MANUEL
L’aïeul, tranquille à l’ombre, aime à lire un vieux livre, Quand le soleil d’automne empourpre l’horizon; L’active ménagère ordonne la maison, Et se mire, en passant, dans les grands plats de cuivre. Il faut aux bruns enfants que la chaleur enivre Des fruits qu’on se dispute, assis sur le gazon; Quand viennent les amis, dans la froide saison, Il leur faut du bon vin qui fasse aimer à vivre ! Toi que ce rêve heureux tant de fois consola, Aïeul, épouse, enfants, amis, tous, les voilà; Mais aucun n’a son lot, et ton âme est jalouse : Car tu n’as point — hélas! Dieu ne l’a pas permis! — Le jardin pour l’aïeul, le dressoir pour l’épouse, Les fruits pour les enfants, le vin pour les amis.
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