Poème
Songe d’une nuit d’été
par Eugène MANUEL
À Alphonse Hirsch Avec le dernier son, mon extase s’achève : Me voici retombé dans l’ombre et dans la nuit. Accords plus éthérés qu’un rêve dans un rêve ! Esprits, sylphes, lutins, où m’aviez-vous conduit? Feuilles, qui frémissiez au vent qui vous soulève, Gazouillements d’oiseaux que l’archet reproduit, Babil des fleurs, soupirs des bois gonflés de sève, Silence des forêts, qui n’est fait que de bruit : Tout se tait! Vainement mon oreille attentive Veut saisir dans les airs la note fugitive : Chants de Titania, qu’êtes-vous devenus? O musique! Univers des sons! Magique empire! Écho révélateur des mondes inconnus ! O Mendelssohn, divin traducteur de Shakspeare !
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