Poème 'Apportez vos chaudrons, sorcières de Shakespeare' de Victor HUGO dans 'Les Châtiments'

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Apportez vos chaudrons, sorcières de Shakespeare

Victor HUGO
Recueil : "Les Châtiments"

Apportez vos chaudrons, sorcières de Shakespeare,
Sorcières de Macbeth, prenez-moi tout l’empire,
L’ancien et le nouveau ; sur le même réchaud
Mettez le gros Berger et le comte Frochot,
Maupas avec Réal, Hullin sur Espinasse,
La Saint-Napoléon avec la Saint-Ignace,

Fould et Maret, Fouché gâté, Troplong pourri,
Retirez Austerlitz, ajoutez Satory,
Penchez-vous, crins épars, oeil ardent, gorge nue,
Soufflez à pleins poumons le feu sous la cornue ;
Regardez le petit se dégager du grand ;
Faites évaporer Baroche et Talleyrand,
Le neveu qui descend pendant que l’oncle monte ;
Que reste-t-il au fond de l’alambic ? La honte.

Jersey. 26 mai 1853.

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Commentaires

  1. Je vis un alambic dans la maison d'un juge,
    Dont cet homme tirait des profits clandestins.
    Qu’importe, pensait-il, après nous, le déluge,
    « Cras moriturus sum», comme on dit en latin.

    Les buveurs du quartier, trouvant chez lui refuge,
    Venaient pour consommer (parfois, dès le matin)
    Qui furent du labeur ainsi toujours transfuges,
    Chacun d’eux savourant l’ivresse qui l’atteint.

    Bacchus mérite-t-il une gloire éternelle ?
    Sur ce vaste sujet, le bon sens nous rappelle
    Qu’on trouve du danger aux capiteux brouillards ;

    Ce juge-tavernier boit, à son ordinaire,
    L’eau qui plaisait aussi à Monsieur Fenouillard ;
    Il ne mélange pas sa vie et ses affaires.

  2. Dragon tavernier
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    Chez ce noble dragon l’assoiffé prend refuge,
    Car il tient un troquet qui n’est point clandestin ;
    Si la chaleur est forte ou s’il tombe un déluge,
    Alors «est bibendum» comme on dit en latin.

    S’accouder au comptoir n’est pas un subterfuge,
    Ce que dit le patron n’est pas du baratin .
    Lui qui de l’inframonde est un heureux transfuge,
    Il cherche la sagesse, et parfois, il l’atteint.

    La soif dure longtemps, mais n’est pas éternelle,
    L’horloge de la gare à l’ordre nous rappelle,
    Sauf si la dissimule un opportun brouillard.

    Nous aimons savourer des boissons ordinaires,
    Il faut ça pour remplir nos ventres rondouillards ;
    Il sera toujours temps de songer aux affaires.

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