Poème
À Ernest Renan
par Claudius POPELIN
Le sage, quelquefois, dans sa coupe profonde Jette un grain de folie et fait mousser son vin. De même, par instant, le poète divin Laisse batifoler sa rime vagabonde. La Muse se délasse à, mener une ronde Avec la nymphe agreste et le faune sylvain, Malgré l’âpre censure et l’anathème vain Du sot qui s’en étonne et du pédant qui gronde. Cosme de Médicis, jouant du flageolet, Fit sauter ses enfants sur un rythme follet ; Socrate trouva bon de danser en sa chambre. Mais, fronçant les sourcils et mesurant ses pas, Le cuistre, qui toujours dans son orgueil se cambre, Exige que l’esprit ne se déride pas.
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