Poème
A Guillaume du Tertre, secretaire de monsieur de Chasteaubriant
par Clément MAROT
La Suite de l'Adolescence clémentine
Quand les Escriptz, que tu m’as envoyez, Seroient de Rime, et raison desvoyez, Quand ton vouloir (lequel trop plus j’estime, Que tes Escriptz, ta Raison, ne ta Rime) Seroit tout aultre : et quand le Secretaire De Montejan n’eust rien faict, que se taire, Sans me donner de t’escrire appetit, Jà pour ces pointz (Monsieur de Montpetit) N’eusse laissé la response transmettre : Car la Maison, où Dieu t’a voulu mettre, Digne te rend, et plus que digne au Monde Non que Marot, mais Maro, te responde. Que pleust à Dieu, que tant il me feit d’heur, Qu’ores je peusse escrire au serviteur Propos, qui fust si fort plaisant au Maistre, Que mal plaisant ne peulst à la Dame estre. Certes alors me tiendroys asseuré, Que cest Escript (tant soit mal mesuré) Pourroit combattre avecques ton Envoy : Mais sans cela rien en luy je ne voy Pour le saulver, qu’il ne se trouvast moindre Aupres du tien, quand viendroit à les joindre. Or tel qu’il est, en gré le vueilles prendre : Plus escriroys, plus me feroys reprendre.
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