Poème
À l’Infidèle
par Claudius POPELIN
Où sont les ardentes caresses ? Où sont les élans d’autrefois ? Ces mots, nés des pures ivresses, Qui faisaient trembler notre voix ? Hélas ! avec la feuille morte, Avec le grain au loin chassé Et que la brise folle emporte, Avec la fleur de l’an passé ! Aujourd’hui vous êtes de marbre, Il a neigé sur nos amours, Et l’on ne trouve plus sur l’arbre Un pauvre fruit des anciens jours. Notre belle joie envolée N’aura donc plus de lendemain ! La récolte renouvelée Ne nous emplira plus la main ! Tout est-il englouti sous l’onde ? Tout est-il dans le sombre oubli ? Tout est-il, dans la nuit profonde, A tout jamais enseveli ? En vain mon âme morfondue A le fixer fait mille efforts, Je sens que c’est peine perdue : On ne réveille pas les morts. Pourquoi me tromper, pourquoi feindre ? Je sens que vous ne m’aimez plus. Le mieux est de ne pas me plaindre, Et des pleurs seraient superflus. Mais, pour soulager ma souffrance, Découvrez-moi tout mon malheur, Car éterniser l’espérance C’est éterniser la douleur.
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