Poème
Ad puerulum
par Claudius POPELIN
Petit enfant, qui recèles Notre joie et nos douleurs, Ton rire est fait d’étincelles, Ton souffle est celui des fleurs. Tes fins cheveux, gerbes blondes, S’éparpillent en fouillis, Et tes lèvres rubicondes Ebauchent leur gazouillis. Sur la pourpre de ta bouche Perle une goutte de lait. Allons dors, dors sur la couche, Dors mon cher enfantelet. La vie, à ton âge, épanche Ses grâces, et la gaîté Tient, dans ta poitrine blanche, Ton petit cœur agité. Mais ton cœur c’est quelque chose, Tant il est candide et pur, De rosé comme la rose. D’azuré comme l’azur. Pour toi le nôtre énumère Les biens que nous espérons. Loin de toute coupe arrière Longtemps nous te bercerons. Puis, si le ciel nous protège, Tu seras, dans la maison, Le rayon qui fond la neige Et qui dore la moisson.
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