Poème
À l’Opéra
par Claudius POPELIN
Voyez à quels dangers par instants on s’expose : Dans votre loge, un soir, vous m’aviez fait accueil. Je me croyais aimé. Tel était mon orgueil ! Parfois, heureusement, l’esprit hésite et n’ose. Une prima-donna roucoulait quelque chose. Derrière vous assis, contre votre fauteuil, Je ne la voyais point et j’en faisais mon deuil, Je ne l’écoutais pas, oh ! mais pas ! et pour cause. Mes lèvres effleuraient, le long de votre cou, Vos fins cheveux dorés. J’avais un désir fou D’imprimer un baiser sur votre épaule nue. J’eus peur, je me retins, par le plus grand des torts, Puisque j’ai, constamment, depuis, comme un remords, Gardé le repentir de cette retenue.
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