Poème
A monsieur le General Prevost
par Clément MAROT
La Suite de l'Adolescence clémentine
Je l’ay receu ton gracieux Envoy, Trescher Seigneur, te promettant en foy D’homme non fainct, que leu, et regardé L’ay plusieurs fois, et si sera gardé (Tout mon vivant) parmy toutes les choses, Que j’ay au cueur par souvenir encloses, Que je crains perdre, et dont j’ay cure, et soing. Ce tien Escript (certes) sera tesmoing A tousjours mais de l’amytié ouverte, Laquelle m’as de si bon cueur offerte, Que la reçoy : et par ceste presente De mesme cueur la mienne te presente. Bien est il vray, que la tienne amytié Passe en pouvoir la mienne de moytié : Mais de retour, je t’offre le service, Qui ne fauldra de faire son office, En, et par tout, où vouldras l’employer. Et sur ce poinct voys ma Lettre ployer, Pour me remettre aux choses ordonnées, Que pour t’escrire avoys abandonées.
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