Poème
À Paul Baudry
par Claudius POPELIN
Méprisant le succès dans lequel se pavane L’esprit étroit guidé par un désir vénal, Tu sais que le laurier d’un suffrage banal Au souffle de l’oubli précocement se fane. Dans la superbe voie où ta Minerve plane Tu marches éclairé par un noble fanal, Menant, sincère artiste, un œuvre original Loin des vaines clameurs du vulgaire profane. Ainsi, jadis, hautain, sur son grand palefroi, Un baron se rendait à la joute du roi, Dédaigneux des manants dont il fendait la foule ; Et c’est encore ainsi qu’un vaisseau de haut bord, S’avançant à travers les remous et la houle, Majestueusement fait son entrée au port.
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