Poème
Amour d’un jour
par Claudius POPELIN
Qu’as-tu donc ? Tu n’es plus, mais plus du tout la même ; Ton maintien est gêné, ton regard est distrait. Ressens-tu contre moi quelque dépit secret ? Je ne reconnais point la fillette que j’aime. Il n’aura pas duré longtemps notre poème ! Nous l’aurons feuilleté, lestement, tout d’un trait. Voilà qu’il est fini. J’en conçois du regret. Le carnaval est mort, nous sommes en carême. Comment l’Amour s’est-il envolé de ce lieu ? Où donc est-il allé, ce méchant petit dieu Qui de ses ailes d’or éventait ta figure ? J’avais pourtant fermé la porte à double tour ; Mais, hélas ! il était si menu, cet Amour, Qu’il a pris, pour s’enfuir, le trou de la serrure.
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