Poème
Au bois
par Claudius POPELIN
La dame marche au bois ; son cocher mène au pas Les deux chevaux cambrés que cette allure irrite. Un grand laquais, tout raide en sa longue lévite, Suit, sans lever les yeux, sa traîne de lampas. La promenade est saine et profite au repas ! Lui, seul en sa maison que le silence habite, Rime, pour s’étourdir, le sonnet qu’il médite, Et pense tristement qu’elle ne viendra pas. Ils pourraient s’en aller ensemble par les plaines, Cheminer en suivant les fraîches rives pleines Des joyeuses clartés du printemps amoureux ; Ils pourraient échanger, rêve qui vous affole, Les sentiments traduits par la douce parole... Bah ! l’existence est longue et les jours sont nombreux.
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