Poème
Au coin du feu
par Claudius POPELIN
Au comte Benedetti Le temps vient où l’on aime à demeurer paisible, Assis près de son feu qu’on tisonne en rêvant. Nous trouvons que le monde est triste et décevant, Et qu’en ses vanités il est plat et risible. Dans la bonne retraite, au froid inaccessible, Calmes, nous écoutons dehors mugir le vent. Tel qu’à l’ancre un esquif brave le flot mouvant, Notre esprit amarré se sent insubmersible. Et comme, recueillis, nous sommes là pensifs, Tandis que nos regards contemplent, attentifs, Les bonds capricieux de la flamme dans l’âtre, Voilà que nous dressons, soudain, le front lassé, Quand nous croyons entendre un farfadet folâtre Murmurer la chanson de notre Avril passé.
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